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Archive for septembre 2012

Comment j’ai souvent été questionné sur mon apprentissage du suédois, j’en profite pour enfin publier ce post dont le brouillon traine depuis longtemps. Il sera peut-être un peu rébarbatif pour ceux qui n’ont pas l’ambition d’apprendre à prononcer correctement « sjuksköterskeutbildning » ou « sjukvårdsupplysningen », que ces derniers se rassurent, le prochain post sera plus drôle.

Je ne parle ici que de ma propre expérience d’apprentissage du suédois en France. Pour celles et ceux qui veulent apprendre le suédois et sont déjà en Suède, je vous invite à lire ce billet d’une autre Française qui vit elle aussi à Stockholm.

Une combinaison qui a fait suer plus d’un prétendant à la langue de Gustav XVI…

Avant tout, que ceux qui viennent simplement visiter la Suède se rassurent, l’anglais est parlé dans tout le pays, même si la plupart des ainés se limitent à une discussion basique. Le niveau d’anglais des Suédois est très bon et ils sont plus faciles à comprendre que les Anglais ou les Américains car ce n’est pas leur langue maternelle et ils la parlent plus distinctement.

Ce fut ainsi que j’échangeais avec la famille de Linda et ses amis avant de débuter les cours de suédois. Si on peut ainsi dialoguer aisément – certains vivent plus de vingt ans en Suède sans apprendre la langue ! – il manque quand même pas mal de nuances, la conversation étant en quelque sorte aseptisée. Aussi, pour ceux qui ambitionnent de vivre dans le pays, il est plus que conseillé de se mettre au suédois.

La grammaire du suédois – langue germanique –  est bien plus simple que le français, les verbes ne se conjuguent pas et il y a très peu d’exceptions. En revanche, parce que c’est une langue très peu diffusée dans l’hexagone, ses sonorités sont surprenantes, d’ailleurs il est difficile au début pour une oreille française d’associer ce qu’on entend et ce qu’on peut lire.

Si vous voulez un exemple,  vous pouvez voir ce film sous-titré en suédois pour comprendre ce que je veux dire : http://youtu.be/LTH-WX4Sc4I

L’alphabet comporte trois lettres supplémentaires par rapport au français, « å » (prononcer comme « hoo !), « ö » (prononcer « heu ») et ä (prononcer « ai »). On les trouve à la fin de l’alphabet français après le z. Précisons enfin que le « ø » du danois et du norvégien n’existe pas en suédois.

Après un an de vie commune en France, j’ai demandé à Linda de m’apprendre le suédois, ce fut une catastrophe car elle basait tout sur l’oral et la répétition alors que j’ai grandi avec habitude de l’écrit (Bled, Bescherelle….).

Ce n’est qu’en 2007 que j’ai vraiment acquis les bases du suédois en 40h de cours particuliers, financés intégralement par le DIF (droit à la formation) de mon entreprise.

C’est non sans mal que j’avais convaincu les RH de valider ces cours, ils doivent cependant se féliciter de l’investissement aujourd’hui…

Mieux que chez Berlitz, le département formation a trouvé un cours au sein de l’université de Lyon 2, représentée par Kerstin, une prof extraordinaire. Nous nous rencontrions pour des séances de trois heures, initialement programmées le vendredi après-midi. Après le premier cours, j’ai sagement changé pour le lundi matin car je suis ressorti crevé de mon premier cours.

Croyez-moi, un cours de langue en face à face passé 25 ans, c’est fatiguant. En plus des cours et de mon job à temps plein, je préparais en même temps l’examen théorique de ma licence de pilote, autant dire que les soirées et les matins étaient studieux.

Tout ça vous rappelle de bons souvenirs, n’est-ce pas ?

Après ces quarante heures, j’ai continué à faire des exercices de grammaire, à essayer de lire la presse sur Internet et surtout, à écouter la radio via Internet et des podcasts de la radio suédoise : http://sverigesradio.se/p3/# .

Linda a toujours écouté en France l’émission du matin (Morgonpasset) sur le canal P3 et cela m’a bien aidé pour la prononciation, même si ce sont d’abord les cinq minutes du programme pour les enfants que j’ai commencé à assimiler…En bonus, c’est sans aucune publicité car chaine publique !

Les documentaires de P3 – d’une qualité reconnue – se téléchargent en podcast et sont excellents pour améliorer son suédois mais surtout pour comprendre la société suédoise et son histoire récente. Ils couvrent en une heure des évènements importants de l’histoire suédoise, aussi variés que la catastrophe de l’Estonia en 1994 ou l’attaque de la Kreditbanken en 1973 (où est né le concept du syndrome de Stockholm).

Kerstin trouvait que l’écoute de la radio avant de commencer les cours m’a permis de progresser plus vite car mon oreille s’était déjà faite aux sonorités du suédois. On peut aussi regarder la télévision sur internet avec SVT Play mais je n’ai jamais été trop télé et cela fait moins bosser les neurones. Nous avions investi à Lyon une Liveradio qui se connecte par wifi mais on peut aussi écouter P3 sur son PC.

Je ne parlais pas le suédois avec Linda à la maison en France (en Suède non plus d’ailleurs) mais nous regardions de temps en temps un film ou une série suédoise en DVD avec les sous-titres en suédois pour m’habituer à comprendre ce que disent les acteurs.

A Paris, j’allais une fois par semaine pendant 1h30 à l’Institut suédois pour des cours collectifs mais mon assiduité été limitée par mes fréquents déplacements professionnels et je n’avais pas le sentiment d’avancer aussi vite qu’avec Kerstin. Je recommande toutefois aux Parisiens car c’est un très bon rapport qualité-prix mais il faut s’y prendre à l’avance, les cours débutants sont pris d’assaut avant chacune des deux sessions annuelles !

J’ai eu différentes méthodes de suédois et manuels, je laisse aux spécialistes le soin de trancher laquelle est la meilleure. Il existe aussi des logiciels mais je ne peux en recommander, n’en ayant pas utilisé.

Je suggère en revanche fortement un ouvrage compatible avec toutes les méthodologies, l’imagier français/suédois avec 40 000 entrées, des planches et des éclatés d’à peu près tout (du TGV au placard de la cuisine…)

Pour résumer, voici mes trois conseils aux aspirants suédophones.

  • Ecouter dès que possible la radio suédoise
  • Privilégier les cours particuliers pour une progression rapide
  • Une fois les bases acquises, s’astreindre à lire un article par jour et à traduire les mots que l’on ne comprend pas

Lycka till (bonne chance) !

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A la lecture du titre de ce post, j’en vois déjà certains tourner de l’œil et se dire que ma récente paternité m’a fait perdre quelques neurones.

Que nenni, il résume simplement nos récentes aventures administratives dont la rapidité n’a eu d’égale que la simplicité.

Notre petit Victor va faire son baptême de l’air en octobre à l’occasion de notre voyage dans le Sud de la France. Il a besoin à cet effet de sa propre pièce d’identité, passeport ou carte d’identité suédoise.

L’ambassade de France délivre bien sûr la version française de ces documents mais on m’y a fait comprendre que les délais d’acheminement via la valise diplomatique étaient plutôt longs et qu’en faisant la demande début août, rien ne garantissait que nous soyons en possession d’une CNI ou d’un passeport français avant le 2 octobre…

Bref, nous nous sommes vite rabattus sur un passeport suédois qui est ici délivré par la police.

On notera que le passeport suédois coûte le même prix que le français (350 couronnes soit 41,5 euros pour cinq ans contre 83 en France pour dix ans), la carte d’identité est en revanche payante et plus chère que le passeport, c’est pour cette raison qu’elle est quasiment inexistante. Cette logique suédoise m’échappe…

Le site de la police est remarquablement explicite et pour ceux qui auraient du mal à comprendre le processus, une accorte policière explique en détail les opérations dans un clip Youtube. Par exemple, qu’il faut bien penser qu’il peut être nécessaire d’attendre cinq jours ouvrés avant de recevoir son passeport…

La collègue suédoise de Marcel Patoulatchi « Pense que cela prend jusqu’à cinq jours pour recevoir ton passeport, sois prévoyant ». Arf !

De la même façon, il est fortement recommandé de réserver un créneau pour établir et retirer son passeport plutôt que de faire la queue. Et pour ceux ou celles qui préféraient tout de même poiroter, la police indique sur son site web en temps réel le temps d’attente aux différents guichets du pays…

Une fois sur place, inutile d’amener une foultitude d’attestations, originaux d’acte de naissance et j’en passe. Une simple pièce d’identité mentionnant le fameux personummer suffit au policier pour interroger le registre de la population, lequel contient toutes les informations nécessaires : lieu et date de naissance, adresse.

Nous nous sommes présentés à l’heure dite au bureau dans lequel nous avions pris rendez-vous. Un jeune flic, courtois et professionnel mais dont l’attitude clamait bien qu’il n’avait pas fait l’académie de police pour débiter à la chaîne des passeports aux nourrissons, s’est occupé de notre cas.

Aussitôt le formulaire tamponné et scanné ainsi que nos pièces d’identité (pas d’archives papier), nous sommes passés à l’étape photo. Au grand désespoir des magasins de photographies, les autorités suédoises ont en effet choisi depuis quelques années de privilégier la prise de vue sur place.

Edit : ce qui évite le déjà entendu dans une mairie française « la photo n’est pas conforme, on ne voit pas bien l’oreille droite. Revenez avec une photo correcte ». Ce qui implique alors de repasser par la case photographe (+10 euros) et de se taper à nouveau la file d’attente ou d’attendre de pouvoir reprendre un RDV dans les  mairies où cela se pratique.

En Suède, l’étape la plus complexe est d’arriver à prendre en photo un nourrisson de cinq semaines qui devra être assis à la bonne hauteur et les yeux bien ouverts face à l’appareil photo de la police. Alors que nous venions d’assoir le petit Victor sur un tabouret en lui tenant le cou, nous nous demandions bien comment faire pour qu’il regarde l’objectif.

Tout à nos réflexions, nous avons vu le policier ouvrir l’hygiaphone puis brandir, blasé et sans se lever de son siège, une espèce de manche à balai au bout duquel était fixé un singe en plastique brandissant de résonantes cymbales.

J’ai du réprimer un fou rire en voyant le flic agiter son hochet géant devant notre fils mais force est d’avouer que la méthode a plutôt bien fonctionné.

Après un RDV pris le lundi soir à 17h, nous avons reçu le mercredi matin à 9h un SMS avisant que le passeport était prêt à être retiré…Incroyablement rapide, d’autant plus que nous aurions pu choisir de le faire livrer dans n’importe quel poste de police du pays !

Pour la petite histoire, c’est SAGEM et THALES, deux géants français de la sécurité qui fournissent l’ensemble des systèmes d’édition des passeports, y compris le terminal de paiement par carte bleue.

Concernant ce dernier point, l’idée de devoir acheter un timbre fiscal dans un vulgaire débit de tabac semblerait totalement incongrue au Suédois moyen. D’ailleurs, le premier refusera certainement que vous payiez par CB comme ce buraliste de Courbevoie qui m’avait doctement déclaré « parce qu’avec les commissions qu’on paye à la banque, déjà qu’on s’emmerde à vendre ces timbres on va pas en plus perdre du fric ! »

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