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Archive for novembre 2012

Ma femme m’a encore fait découvrir un truc typiquement suédois que j’imagine mal ailleurs.

Je m’explique, le congé parental suédois durant fréquemment un an ou plus, les jeunes parents suédois sont confrontés à une multitude de problèmes que leurs homologues français évitent grâce à la crèche ou à l’assistante maternelle.

Par exemple, que faire des longues journées d’hiver lorsqu’il fait déjà nuit à 15h et qu’il pleut/vente/neige ?

La réponse est toute trouvée, direction le cinéma-poussette (traduction assez libre de Barnvagnsbio) !

Le principe, une salle est dédiée dans certains cinémas à la projection de films à l’affiche à destination des parents (du genre Argo ou james bond..). On entre avec sa poussette dans une salle faiblement éclairée où le son est un peu moins fort que d’habitude et bien entendu, une pause-café/allaitement/biberon/changement de couche au milieu du film…

L’entrée coûte le même prix qu’un billet adulte, le plus drôle restant la mention « pour les films interdits aux moins de 15 ans, seuls les enfants de moins d’un an peuvent assister à la projection »…

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Norwegian wood

Le Norvégien, c’est le cousin sympa du Suédois, en plus riche et plus sportif, nageant ou pagayant dans ses fjords mondialement connus.

J’aime bien les Norvégiens. Tout d’abord parce que les Suédois sont jaloux de leur pétrole, de leurs montagnes et de leur première place dans tous les classements ayant trait à l’égalité homme-femme ou à la démocratie.

Ensuite, le Norvégien est toujours de bonne humeur, peut-être parce qu’il passe son temps à faire du sport, ski de fond, course à pied, escalade, you name it.

La langue norvégienne est un peu au suédois ce que l’alsacien est à l’allemand. La règle de courtoisie linguistique nordique est que chacun parle sa propre langue et évite certains faux-amis. Sinon, pour un Français vaguement suédophone, le norvégien est de loin plus facile à comprendre que le danois dont on dirait qu’il nécessite au préalable l’introduction de cailloux dans la bouche pour arriver à la bonne intonation !

Longtemps pris pour un peuple tout juste bon à s’user les mains à remonter des filets de poissons (cf. la pub Neutrogena) et à distiller de la gnôle artisanale, La Norvège a connu son indépendance en 1905 seulement, à la faveur d’un référendum pour lequel on a compté 368 208 oui (à l’indépendance) et…184 non.

La Norvège aux Kerguelen – Port Jeanne d’Arc

Les Suédois moquaient alors leurs voisins de l’Ouest, des pêcheurs ou paysans souvent forcés à l’émigration pour vivre. On en trouvera même pour construire et exploiter une usine d’huile de baleines et de phoques dans les iles Kerguelen – peut-être le seul coin de France à avoir un climat proche de celui de la Norvège – sous le pavillon de la compagnie Storm and Bull qui existe toujours à l’heure actuelle !

Les Norvégiens montreront leur courage durant la seconde guerre mondiale. La plupart des historiens s’accordent sur le fait que la résistance norvégienne, en sabotant les installations de production d’eau lourde de Vemork en 1943 , a définitivement empêché tout développement d’une arme atomique nazie par Hitler. Pendant ce temps, les Suédois étaient « neutres »…

Tout change au début des années 60 lorsque commence l’exploitation du pétrole et du gaz naturel. L’économie décolle sous l’effet de cette manne qui représente aujourd’hui 45% des exportations et 20% du PIB de la Norvège qui est créditeur net, ce qui signifie que le pays n’a pas de dette du tout. En clair, un triple AAA gravé dans le platine.

Oubliez un temps les magnifiques fjords de Norvège…

Je trouve formidable la clairvoyance des gouvernements norvégiens qui ont voulu éviter une surchauffe de l’économie (c’est-à-dire l’inflation) et le fameux «  syndrome hollandais », phénomène économique bien connu qui associe exploitation de ressources naturelles et déclin des autres pans de l’économie non reliés à cette ressource. Par ailleurs, les Norvégiens considère que le pétrole et le gaz sont des ressources finies qui doivent profiter aux générations futures, même après que la dernière goutte de pétrole fut pompée.

Ainsi, les revenus du gaz et du pétrole  générés par la compagnie pétrolière étatique Statoil (littéralement « le pétrole de l’état » si une quelconque ambigüité devait subsister) sont-ils placés dans un fond souverain géré par une agence issue du Bercy norvégien. Le fond est le plus grand d’Europe. Au 1er octobre, il s’élevait au chiffre astronomique de 514 milliards d’euros. Rapporté à la taille de la population française, cela ferait 6 168 milliards d’euros de trésor de guerre, sans dette…

La totalité de ce fond est investie à l’étranger dans des activités décorélées du pétrole. Les entreprises dans lesquelles le fond investit sont choisies par un comité composé d’experts financiers mais aussi de spécialistes de l’éthique et même de philosophes !  Gare à celles qui ont des activités ou un comportement incomptable avec les hautes exigences en matière d’éthique, mes anciens clients l’ont appris à leurs dépens. SAFRAN a été retiré en raison de son activité ayant trait à la fabrication d’équipements destinés aux armes nucléaires, EADS a subi le même sort pour exactement les mêmes raisons à cause d’Astrium et MBDA qui fabriquent les missiles de la force de frappe française. Même THALES a été un temps déclaré indésirable avant de cesser toute activité liée aux armes à sous-munitions, lui permettant de réintégrer le fond souverain.

Le pétrole de l’état, littéralement.

Les Norvégiens ont la classe, une prise fois la décision de retirer leurs billes, ils ne communiquent pas et désinvestissent par petits bouts pour ne pas impacter le cours de la société visée. Chapeau ! Et pour finir de dégoûter leurs voisins suédois, 98% de leur production d’électricité est hydroélectrique, donc renouvelable. Comme si le gaz naturel et le pétrole ne suffisaient pas, ils l’exportent également très volontiers, notamment vers le Danemark pour y compenser les coups de mou du parc éolien.

Le couple royal Haakon et Mette-Marit – le ridicule ne tue pas

Bon, avec tout ça, j’en vois déjà faire leurs valises pour Oslo et se connecter sur Norwegian.com (le troisième compagnie low-cost européenne après Ryanair et Easyjet) pour acheter leur aller simple. Alors qu’est-ce qui cloche et qui fait que la population n’arrive péniblement qu’ à flirter avec 5 millions d’habitants soit 14 habitants au km2 ?

L’heure de pointe norvégienne

Dans les petites villes de la façade ouest,  j’imagine qu’il est facile de mourir d’ennui pendant l’interminable hiver et les mois sans soleil…et ce n’est pas avec les merveilles de la gastronomie norvégienne qu’on peut compenser !


La Norvège semble en effet avoir découvert le poivre durant les années 90 mais se flatte d’être en Europe le plus grand consommateur de pizza par habitant, le signe sûr que quelque chose de grave se trame en cuisine. Quant au plat national, le « fålikål », littéralement  « l’agneau dans le chou », on ne peut imaginer recette plus simple : une marmite, de l’eau du chou et des morceaux de viande, faites bouillir trois heures et roule ! Le brunøst, fromage national a encore plus l’air d’être en plastique que le cheddar, un comble !

Pas sûr que le fålikål perce un jour en Europe continentale dans sa forme actuelle

Malgré les mesures anti-inflationnistes, un demi de bière coûte 10 euros et un repas au McDo dans les 15 euros…je ne préfère même pas vous parler du prix des hôtels ou d’une course en taxi.

Malgré les apparences, cela se mange, c’est même le fromage national norvégien

J’oubliais presque que les taxes et impôts sont encore plus élevées qu’en Suède, notamment sur les véhicules particuliers. C’est décidément une tradition nordique que de croire que les propriétaires de voitures sont tous de purs masochistes. Ces derniers sont frappés d’une taxe hallucinante de 180% de la valeur HT du véhicule, plus la TVA à 25% bien sûr. En clair, la même voiture vendue 20 000 euros en France coûte 49 000 euros en Norvège et je vous fais grâce des taxes annuelles, taxes de pneus cloutés, péages en tout genre à chaque pont ou tunnel…Mon collègue canadien basé près d’Oslo a toujours du mal à comprendre qu’un pays producteur de pétrole puisse être aussi sévère vis-à-vis de ses conducteurs.

Refusant obstinément à près de 80% de rejoindre l’union européenne, le peuple norvégien n’hésite pas à dévaliser en masse les magasins d’alimentation, d’alcool et de tabac situés en Suède de l’autre côté de la frontière. La différence de prix est proche de 25% et le volume des achats est tel que l’effet sur l’économie suédoise se chiffre à plusieurs milliards de couronnes par an.

C’est clair

Volontiers protectionniste s’agissant de la pêche et de l’agriculture, le pays a subi l’hiver dernier une pénurie de beurre au moment de noël…Hallucinant dans un des plus riches pays du monde. La société Tine qui a le quasi-monopole de la production et vente de produits laitiers a lamentablement échoué à répondre à la demande de son marché. Le Danemark et la Suède, habituellement écartés de ce marché par des taxes à l’import dissuasives, se sont amusés de voir ces Norvégiens riches comme Crésus devoir importer en catastrophe du beurre et ont en tout logique trainé des pieds pour leur en vendre…

Ah, et question musique, j’ai du mal à me souvenir d’un autre artiste norvégien qu’A-Ha et ses tubes des années 80 « Take on Me » ou « The Sun always shine on TV »…Faites-moi signe si j’oublie quelqu’un !

Allez, pour éviter une plainte du comité de promotion du tourisme norvégien, je termine sur une pub bien sympathique pour une des petites compagnies aériennes norvégiennes, c’est mignon comme tout…

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