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Archive for mars 2013

Dans ce post, je vais vous décrire une des faces sombres de la Suède, son infernale tendance à obliger à tout recycler et à accaparer quelques % du temps libre de ses heureux et innocents citoyens pour leur faire trier leurs déchets.

Je vous entends déjà, « Eh, ça va, le tri sélectif, ça ne date pas d’hier en France non plus ». Vous avez raison mais je ne sais pas si votre commune vous inflige comme la nôtre DIX poubelles différentes pour les déchets ménagers, sans compter bien entendu la déchetterie qui est ici plus fréquemment visitée qu’IKEA et H&M réunis. Je ne vous parle pas non plus des canettes en aluminium qui sont également consignées et qu’il convient de restituer au supermarché.

Le quartier Annedal, arrondissement de Bromma, commune de Stockholm

Le quartier Annedal, arrondissement de Bromma, commune de Stockholm

Explication de texte : notre quartier est équipé d’un système astucieux de collecte automatique d’ordures, les petites portes grises (qui ferment désormais à clef !) de la photo sont reliées à un gros tube de 33 cm de section dans lequel sont aspirées les ordures préalablement déposées dans des trémies selon leur nature (fermentescibles, papier et tout-venant).

Le tout arrive dans un terminal situé à la périphérie du quartier et où les camions viennent charger les containers sans avoir à faire la noria dans les rues pour vider les containers. Moins de bruit, de CO2 et de camions, bref, le rêve.

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Ce système existe ailleurs qu’en Suède, bien que je ne pense pas que la notice espagnole ou française précise qu’il ne faut pas introduire de crosse de hockey sur glace (!) dans les tubes qui digèrent mal semble-t-il également les cartons de pizza.

De toute façon, ces deux objets trouvent leur fin ailleurs. La mise en service des tubes n’ont pas permis de libérer le local poubelle pour en faire un sauna, celui-ci est devenu une véritable recyclerie avec pas moins de sept bennes différentes :

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Une fois que vous avez jeté dans son tube le sac en papier avec les déchets alimentaires destinés à faire du biogas, les journaux dans le second, il vous reste à visiter la recyclerie, un endroit de prédilection pour socialiser avec les voisins vu le temps qu’on y passe à trier le reste…

Prenez un banal pot de nourriture pour enfant – oui, nous sommes des parents indignes, notre fils mange de l’industriel et non du bio fait maison – Il faut imaginer la scène du dévissage du couvercle (métal) d’un pot en verre (verre incolore) suivi de l’élimination de la bague en plastique (emballages plastiques) dans la benne idoine ! Cela laisse du temps pour discuter le bout de gras…

Et comme partout en Suède, il y a des justiciers masqués, j’en veux pour preuve cette décoration de Noël qui  a été extraite d’un container par un voisin susceptible :

"tu n'as pas le droit de jeter ça ici, va à la déchetterie à la place"

« Ne peut pas être jeté ici, va avec à la déchetterie  !!! »

D’ailleurs, le constructeur du circuit de collecte centralisée indique à destination des promoteurs qu’il faut installer les tubes « dans un lieu public, avec du passage et exposé à la vue des habitants » car cela augmentait sensiblement la qualité du tri !!! Les Suédois sont de vraies balances…

D’ailleurs, si échaudé par la perspective de devoir croiser trop souvent Sven et Anna à la recyclerie, l’idée vous venait en bon Français de disperser dans la nature vos ordures, vous risquez rapidement d’être :

  1. Dénoncé par un passant
  2. Retrouvé par la police qui fera procéder à l’analyse des déchets pour en retrouver le propriétaire (attention à l’enveloppe ou au prospectus nominatif égaré !

Les déchets triés sont valorisés à la condition que le tri soit de qualité, gare à la copropriété qui mélangerait les cartons avec le plastique ! En échange, nous ne payons l’équivalent de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères que pour le tout-venant, c’est à dire le troisième tube où on jette tout ce qui n’est pas recyclable – et rentre dans un sac de 30 cm de diamètre. La porte du tube est désormais fermée à clef pour éviter les petits malins (j’en faisais partie) qui jetaient dans le tube de la copropriété voisine pour alléger leurs charges.

A force de recycler, la Suède doit d’ailleurs importer des déchets, notamment de la Norvège voisine, pour faire tourner ses incinérateurs qui fournissent notre eau chaude et le chauffage urbain. Cela fait bien rire les Norvégiens que la Suède soit en quelque sorte leur poubelle…Il faut dire que le Suédois est un peu au Norvégien ce que le Français est au Suisse.

Et pour les courageux qui auront lu l’article jusqu’ici, un petit clin d’oeuil avec une bien étrange poubelle inconnue en France mais courante dans l’Europe du Nord, une poubelle ignifugée pour les barbecues à usage unique en aluminium, ici en plein milieu du parc royal de Haga (et non dans le camp retranché de Babaorum comme le laisse penser la tente en arrière-plan) :

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J’ai découvert cet hiver un truc typiquement local, le Långfärdsskridskor, c’est-à-dire littéralement le patin à glace de randonnée.

Marcher sur l'eau...

Marcher sur l’eau…

Pas question pour les Suédois de renoncer au sport parce que c’est l’hiver six mois de l’année. Les coureurs à pied passent au ski de fond ou enfilent leurs chaussures à clous tandis que les amateurs d’in-line mettent leurs långfärdsskridskor.

Il faut dire que la mer Baltique gèle facilement à Stockholm vu les basses températures et la faible salinité. Du coup, nombreux sont ceux qui s’aventurent patins aux pieds depuis le centre-ville de la capitale sur les étendues d’eau gelée qui font durant l’été le bonheur des plaisanciers, baigneurs et triathlètes.

skridskorL’équipement est simple : des lames assez longues (environ 70 cm) sur lesquelles sont fixées des chaussures de randonnée ou de ski de fond. Les bâtons sont en option mais pas les accessoires de survie, indispensables en cas de chute dans l’eau si la glace se rompt.

Ce que les Français envisagent comme une hypothèse mortelle est une péripétie habituelle pour les Suédois qui insistent simplement sur la nécessité de toujours patiner avec un sac à dos rempli de vêtements placés dans un sac étanche (pour la flottabilité), jamais seul et toujours avec au choix une corde de secours ou ces curieux pics à glace à placer autour de son cou pour escalader la glace depuis le trou qu’on aura soi-même provoqué dans sa chute…

D’ailleurs on trouve des sessions d’entraînement poétiquement nommées « Plurrövning » où les participants se jettent volontairement dans l’eau glacée tout habillés :

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Les amateurs se racontent à la fin de la saison le nombre de baignades involontaires dans l’eau presque glacée…deux à trois bains forcés ne sont pas considérés comme un chiffre élevé.

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Gardez le sourire en toutes circonstances

Bien entendu comme toujours en Suède, pas de sport sans sa grande compétition populaire. La plus célèbre est le Vikingarännet, une course de 80 km sur la mer Baltique gelée entre Uppsala et Stockholm.

La voie est dégagée par des chasse-neige de fortune, le plus souvent des quads avec une lame à l’avant pour faciliter la glisse des compétiteurs.

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Le plus rapide participant en 2013 a été Erben Wennemars, un patineur de vitesse olympique. Il a couvert les 80 km en 2h35, soit 1.56 minute par kilomètre, près de 31 km/h. Les coureurs à pied apprécieront la performance…

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