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Archive for the ‘Archipel’ Category

Après avoir décroché ma licence de pilote privé à Lyon-Bron en 2007 puis volé depuis le sympathique terrain de Saint-Cyr L’Ecole dans les Yvelines ces dernières années, j’ai la mort dans l’âme lâché le manche pendant un an et demi. Ayant renouvelé ma licence fin 2011, je disposais de 24 mois pour retrouver un aéroclub et voler le minimun syndical des douze heures réglementaires. Faute de quoi, j’étais bon pour repasser l’examen complet, une torture de deux heures 1/2 dont la perspective aurait fait frissonner André Turcat.

Ceci le temps de laisser passer le déménagement, la prise d’un nouveau poste avec deux langues de travail étrangères et la naissance de Victor, de connaître un peu mieux Stockholm et ses environs. Piloter un avion léger n’est pas une chose compliquée mais exige une grande disponibilité mentale, que les différents évènements précités rendait aléatoire. Par ailleurs, les points de compte-rendu sont des îles ou des coins répondant aux doux noms de Svartsjö, Älvnäs ou Edsviken, il faut un peu de temps pour intégrer la géographie de l’archipel sur lequel Stockholm est construite.

Mais j’ai enfin pu me remettre en selle grâce à l’aéroclub de la compagnie SAS, basé sur l’aéroport de Bromma, qui est un peu à Stockholm ce que le Bourget est à Paris : installé très proche du centre-ville (et à 20 minutes de vélo de la maison !) avec un intensif trafic de jets privés, avions légers et hélicoptères sans compter les lignes régulières vers les destinations intérieures suédoises.

Après deux vols de remise en forme avec Lars, le sympathique chef-pilote du club, j’ai été autorisé à reprendre les vols solo cette semaine. Contrairement à la France dont le trafic aérien est très dense, l’espace aérien suédois est assez ouvert et il est parfaitement possible de survoler la capitale à 2000 pieds d’altitude (environ 610 mètres). Quand la France utilise la totalité des sept classes d’espace aérien permises par l’OACI, la Suède n’en a que deux : espace aérien contrôlé ou pas, dur de faire plus simple !

La preuve en images avec les photos prises par Linda, à qui j’ai offert notre premier vol pour son anniversaire, cliquez pour agrandir :

Le centre-ville de Stockholm

Le centre-ville de Stockholm

Gamla Stan, la vieille ville et le chateau royal

Gamla Stan, la vieille ville et le chateau royal

On dirait qu'il y a du monde pour visiter...

On dirait qu’il y a du monde pour visiter…

Östermalm, le quartier chic de Stockholm, dont je n'avais jamais remarqué le côté "Manhattan" de la disposition des rues

Östermalm, le quartier chic de Stockholm, dont je n’avais jamais remarqué au sol le côté « Manhattan » de la disposition des rues

Lanngårn, l'île de mes beaux-parents, vue du ciel

Langgårn, l’île de mes beaux-parents, vue du ciel

Leurs maisons...

Leurs maisons…

Votre serviteur devant sa nouvelle monture aux couleurs de la compagnie aérienne scandinave.

Votre serviteur devant sa nouvelle monture, un PA-28 aux couleurs de la compagnie aérienne scandinave.

Concentration maximale avant la mise en route

Concentration maximale avant la mise en route

PS : Merci Aurélien pour mes nouvelles lunettes de soleil, elles passent nickel avec le casque !

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J’ai découvert cet hiver un truc typiquement local, le Långfärdsskridskor, c’est-à-dire littéralement le patin à glace de randonnée.

Marcher sur l'eau...

Marcher sur l’eau…

Pas question pour les Suédois de renoncer au sport parce que c’est l’hiver six mois de l’année. Les coureurs à pied passent au ski de fond ou enfilent leurs chaussures à clous tandis que les amateurs d’in-line mettent leurs långfärdsskridskor.

Il faut dire que la mer Baltique gèle facilement à Stockholm vu les basses températures et la faible salinité. Du coup, nombreux sont ceux qui s’aventurent patins aux pieds depuis le centre-ville de la capitale sur les étendues d’eau gelée qui font durant l’été le bonheur des plaisanciers, baigneurs et triathlètes.

skridskorL’équipement est simple : des lames assez longues (environ 70 cm) sur lesquelles sont fixées des chaussures de randonnée ou de ski de fond. Les bâtons sont en option mais pas les accessoires de survie, indispensables en cas de chute dans l’eau si la glace se rompt.

Ce que les Français envisagent comme une hypothèse mortelle est une péripétie habituelle pour les Suédois qui insistent simplement sur la nécessité de toujours patiner avec un sac à dos rempli de vêtements placés dans un sac étanche (pour la flottabilité), jamais seul et toujours avec au choix une corde de secours ou ces curieux pics à glace à placer autour de son cou pour escalader la glace depuis le trou qu’on aura soi-même provoqué dans sa chute…

D’ailleurs on trouve des sessions d’entraînement poétiquement nommées « Plurrövning » où les participants se jettent volontairement dans l’eau glacée tout habillés :

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Les amateurs se racontent à la fin de la saison le nombre de baignades involontaires dans l’eau presque glacée…deux à trois bains forcés ne sont pas considérés comme un chiffre élevé.

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Gardez le sourire en toutes circonstances

Bien entendu comme toujours en Suède, pas de sport sans sa grande compétition populaire. La plus célèbre est le Vikingarännet, une course de 80 km sur la mer Baltique gelée entre Uppsala et Stockholm.

La voie est dégagée par des chasse-neige de fortune, le plus souvent des quads avec une lame à l’avant pour faciliter la glisse des compétiteurs.

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Le plus rapide participant en 2013 a été Erben Wennemars, un patineur de vitesse olympique. Il a couvert les 80 km en 2h35, soit 1.56 minute par kilomètre, près de 31 km/h. Les coureurs à pied apprécieront la performance…

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Je ne peux décemment pas passer sous silence ce qui s’est passé ce 22 juin, la célébration du jour le plus long de l’année (equinoxe d’été) qui porte le doux nom de Midsommar.

Midsommar, c’est après Noël la plus grande fête de l’année, sans cadeaux cette fois-ci. Pour les touristes qui ne connaissent personne, c’est juste le pire moment pour visiter la Suède car tout le monde a rejoint la campagne ou l’archipel et même IKEA est fermé, oui, vous avez bien lu ! Au pays où  les grands magasins sont tous ouverts chaque dimanche, c’est tout sauf symbolique.

Je ne m’étendrai pas sur les origines de Midsommar, tout est expliqué ici . Retenez juste que c’est une fête païenne très ancienne et qui date largement d’avant la naissance du Christ.

Tout commence au début de la semaine, les conversations de la pause café s’orientent vers la fête à venir. Chacun est prié de décliner où et avec qui il entend célébrer. Plusieurs écoles s’affrontent autour des deux questions principales : en famille ou avec des amis / dans l’archipel ou à la campagne (partout sauf en ville !). On remarque que les horaires de travail s’allongent imperceptiblement pour anticiper le départ du jeudi.

Le mercredi, les Suédois font le plein et dévalisent consciencieusement les magasins, surtout le Systembolaget qui détient l’exclusivité des ventes d’alcool pour toute boisson plus forte que 3,5%. J’y reviendrai dans un futur post.

Le jeudi, la tension monte, le déjeuner déjà rapide habituellement est expédié en deux temps trois mouvements. Dès 15h, les collègues défilent devant ma porte pour me saluer de l’inévitable « Glad Midsommar ».Je rejoins moi aussi le mouvement direction Långgarn. Dans notre quartier, les retardataires chargent le coffre des Volvo de victuailles, surtout liquides. Les routes sont presques désertes à Stockholm alors qu’il est à peine 17h, l’heure de pointe est déjà passée.

Arrivé au port, c’est l’effervescence avec des voitures et des bateaux dans tous les sens, chacun entassant les provisions direction les îles de l’archipel de Stockholm.

Le vendredi est férié en Suède, c’est Midsommarafton (par opposition au samedi qui s’appelle Midsommardagen).

Dès le vendredi matin, chacun s’affaire à préparer la fête qui va battre son plein l’après-midi. Le plus important est de décorer avec des feuilles et des fleurs fraîchement cueillies le mat de Midsommar qui sera dressé au centre d’une clairière.

Le repas du midi fait une large place aux harengs marinés sans lesquels une fête ne saurait être complète en Suède. Les mélanges les plus classiques (moutarde, crème aigre…) se complètent ces dernières années par des innovations plus contemporaines, vodka et citron vert par exemple.

On retrouve bien sûr les inévitables boulettes de viande maison, les pommes de terre nouvelles, le saumon sous toutes ses formes (fumé à froid et à chaud, mariné…) ainsi que de petites saucisses au faux air de boudin antillais appelés « Prinskorv ».

Pour arroser cette grande oeuvre gastronomique, la bière coule à flots ainsi que le « nubbe », surnom affectueux pour les eaux de vie suédoises aromatisées à l’aneth, au cumin ou au fenouil…

Personne dans ma belle famille n’aime vraiment cette dernière délicatesse mais tout le monde respecte la tradition qui veut qu’on chante un court refrain entre chaque gorgée.

Cette année, même Linda n’a pas pu y couper du fait de sa grossesse, une âme généreuse lui ayant offert des versions sans alcool malheureusement laissées au congélateur toute la nuit avec le résultat que vous pourrez découvrir ci-dessous…

Après les agapes, il est temps de rejoindre la fête et de danser autour du mat, adultes comme enfants, au son du violon qui joue « små grodorna », signal qu’il est temps de danser en minant une grenouille tout en croassant (et croyez moi, ce n’est pas si simple après un repas bien arrosé).

Une fois la danse terminée, on retombe dans une ambiance bon enfant de fête de village autour des stands où petits et grands testent leur adresse au tir à la carabine (pour gagner dans l’ordre, whisky, vin et bière…) ou à l’anéantissement d’une pyramide de boites de conserve vides.

Le soir, les survivants rejoignent les festivités nocturnes qui reprennent façon bal du 14 juillet.

Bien entendu, la pluie est souvent de la partie, à tel point qu’on parle ici de « temps de Midsommar » pour décrire un mélange de soleil et d’épisodes pluvieux, si possible pile au moment où dansent les petites grenouilles…

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En attendant de pouvoir habiter notre appartement, mes beaux-parents m’accueillent dans leur maison à Långgarn – prononcer « long-gorn » –  une des nombreuses îles de l’archipel de Stockholm (un peu plus de 22 000 tout de même dont beaucoup sont inhabitées).

Même pour des Suédois, ce mode de vie insulaire est assez inhabituel, surtout pour des personnes qui travaillent encore (jusqu’à 65 ans…). Après avoir acheté dans les années 90 une maison d’été sur cette île, ils ont décidé d’y habiter en permanence depuis 2006 en remplaçant ce qui était en réalité ni plus ni moins qu’une cabane par une véritable villa.

Mon beau-père a construit lui-même deux annexes à leur maison principale et j’occupe actuellement l’une d’elles, on peut en voir le toit sur le bandeau de ce blog.

Ce mode de vie assez original oblige à prendre le bateau chaque jour pour traverser les trois kilomètres de mer baltique qui nous séparent du continent. C’est sympa quand il fait beau, moins drôle quand il neige, pleut ou vente (parfois les trois en même temps) et carrément délicat par temps de brouillard ou lorsque la glace se forme.

A Langgårn, pas de voitures, on se déplace sur les chemins de terre en voiturette de golf électrique pour les plus écolos ou en quad pour les plus sportifs. Lorsque tombe la neige, il faut sortir la pelle ou mieux encore, le mini chasse-neige motorisé investi par mon beau-père et qui simplifie bien les choses quand il tombe 30 cm en une nuit.

Il y environ une centaine de maisons et cabanes d’été dont beaucoup n’ont pas d’électricité et ne sont occupées que quelques week end l’été. Il n’y a aucun commerce ni liaison régulière en bateau mais tout de même l’Internet à haut débit.

Seules quatre familles habitent ici toute l’année, on ne ferme pas à clef et tout le monde se donne un coup de main si besoin. L’hiver complique les choses quand la mer gèle et que le bateau ne passe plus mais que la glace n’est pas encore assez épaisse pour y rouler dessus en voiture – véridique !

Une alternative à l’aéroglisseur : l’hydrocoptère, peu commun en France il faut bien le dire !

C’est le moment de sortir l’aéroglisseur (oui oui…) qui permet d’être autonome en toute saison. Comme mes beaux-parents travaillent, ils font ce trajet chaque jour de la semaine.

L’aéroglisseur familial à la manoeuvre

Après cinq minutes de voiturette, il faut compter 20 minutes pour démarrer le bateau, naviguer puis l’amarrer et marcher sur la jetée jusqu’à la voiture qui après 15 minutes arrivera à la gare du RER local qui 42 minutes plus tard me déposera près du bureau que je rallierai après 10 minutes de marche.

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Pas beaucoup plus long que beaucoup de banlieusards parisiens mais quand même plus exotique…

A la manœuvre…6h15 du matin

Par ailleurs, les autorités locales sponsorisent un programme « Gardons l’Archipel vivant » qui vise à encourager les personnes qui le souhaitent à y vivre toute l’année par la possibilité de prendre en hiver trois fois par semaine un hélicoptère pour 16 euros par trajet (contre 600 euros au tarif non sponsorisé…) ! Il se pose ensuite à convenance sur le port en face de l’île, à côté du centre commercial ou en bordure de la vielle ville…incroyable mais vrai !

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Quelques éléments de vocabulaire et de géographie. Quand je parle de la zone nordique qui est mon nouveau terrain de jeu, je fais référence à quatre pays : le Danemark, la Suède, la Norvège et la Finlande. A eux quatre, ils représentent un peu plus de deux fois la superficie de la France.

C’est l’échelon retenu par ma société pour les opérations dans ces pays, aucun d’entre-eux n’ayant une masse critique suffisante pour justifier d’être une filiale isolée.

Attention, il y a des subtilités. Ainsi, la Finlande ne fait pas partie de la Scandinavie et la Norvège n’appartient pas à l’Union Européenne mais malgré tout à l’espace Schengen. Du mal à suivre ? C’est simple, c’est l’inverse de la Grande-Bretagne qui est dans l’UE mais pas dans Schengen, d’où les contrôles aux frontières chaque fois que vous franchissez le channel.

La Finlande mise à part, les Scandinaves partagent pas mal de traits communs ainsi que les mêmes racines linguistiques (un Suédois et un Norvégien se comprennent facilement, c’est un peu moins vrai avec les Danois).

Du côté de la géographie, les contrastes sont forts entre le Danemark à la densité de population supérieure à la France (126 habitants par KM2 contre 116 dans l’hexagone) et les autres pays.

La Suède se traîne à 20 habitants par KM2 tandis que la Norvège et la Finlande sont aux alentours de 15 habitants par KM2 ! Autant vous dire qu’on aime prendre ses aises ici et que la place n’est pas un problème !

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