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Archive for the ‘Famille’ Category

Chers lecteurs,

Désolé d’avoir laissé ce site un peu à l’abandon depuis mon dernier article. Je vais essayer de retrouver une meilleure dynamique durant les prochains mois pendant lesquels nous quitterons notre appartement pour une maison à Tyresö, au sud de Stockholm.

Pour vous faire patienter, je partage cette bonne idée de la compagnie pétrolière Statoil qui propose une pompe secondaire, située ici sous le numéro 6 et bien pratique surtout en hiver. Je vous laisse deviner ce qu’elle délivre…

Statoil 1

Il s’agit bien entendu de liquide lave-glace (spolarvätska) , bien pratique pour faire le plein du réservoir et ne pas s’encombrer de bidons…

La consommation de ce précieux liquide grimpe en flèche en hiver à cause des projections des autres véhicules, j’en mets parfois jusqu’à un litre par vingt litres de carburant.Statoil 2

Au vu de ce niveau de consommation, la plupart des Suédois achètent du glycol concentré et le diluent à la maison dans des proportions variables mais de l’ordre de 1 pour 4. Comme j’ignorais cette subtilité avant de déménager en Suède, j’ai un jour involontairement rempli le réservoir de la voiture de mes beaux-parents de glycol pur, pensant juste rendre service bien entendu.

À chaque aspersion de lave-glace, les malheureux passagers suffoquaient sous l’odeur chimique puissante du liquide concentré…Et ma belle-sœur me charrie encore bien des années plus tard à ce propos…

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Le système suédois de congés parentaux est un des plus généreux au monde. Il est fort coûteux pour la société mais c’est un choix politique approuvé par l’ensemble des partis politiques.

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Le congé parental se décompose d’un total de 480 jours de congés parentaux à prendre avant le huitième anniversaire de l’enfant dont :

– 390 jours payés 610 SEK net de tout impôt (soit 70 euros par jour ou 2 125 euros par mois)

– 90 jours sont payés 180 SEK (15 euros net soit 450 euros par mois).

Il existe même un bonus de parité qui vise à récompenser les parents qui se partagent équitablement les jours de congés, il est de 50 SEK net par jour soit au maximum 13 500 SEK (1 565 euros) net de toute imposition !

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Un bonus maximal de 1565 euros si les parents partagent exactement les congés

Cerise sur le gâteau, ma convention collective ajoute un bonus de 24 000 SEK net, versé trois mois après.

A noter que 60 jours sont réservés à chaque parent depuis 2002. On peut aussi choisir de ne pas être payé 7 jour sur 7 pour garder des jours de congés pour plus tard. Il n’est pas rare de voir des familles de deux enfants partir deux mois au soleil en Thaïlande en janvier-février, les parents profitant des jours donnés pour chaque enfant.

Malgré ces diverses incitations, et bien que la tendance s’améliore chaque année, les femmes restent les principales bénéficiaires des congés parentaux. En 2012, 75% des jours ont été pris par des femmes mais en 2000, la part des femmes était encore plus élevée, à 87,6% exactement.

Je constate dans mon entourage que les femmes prennent souvent les huit à neuf premiers mois après la naissance puis leur compagnon enchaîne deux à quatre mois, volontiers au printemps ou en été. Ceci reste bien entendu très subjectif. Pour ma part, j’ai profité de cinq mois entre mars et août 2013.

Au-delà de la générosité du dispositif, j’ai été frappé par la façon dont la Suède valorise les congés parentaux. Mon boss m’a félicité pour cette sage décision, lui-même en ayant profité pour ses deux filles. Et à mon retour, j’ai même bénéficié d’une promotion…

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La neige est revenue en force à Stockholm cette semaine, pile avant le premier week end de l’Avent.

Du coup, tout le monde a sorti les bottes d’hiver et les grosses vestes, on a même installé des manchons sur notre poussette comme vous pourrez le voir sur la photo ci-dessous, c’est top moumoute dans les deux sens du terme !

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Victor n’a nullement été incommodé par les -6°C de cet après-midi, il roupillait bien emmitouflé dans sa chancelière.

Je regrette un peu de ne pas avoir encore acheté de pneus à clous pour mon vélo mais en revanche, nous nous félicitons d’avoir acheté une poussette suédoise, étudiée pour rouler sur des épaisseurs raisonnables de neige.

Attention, je parle de modèle « normal », pas d’un truc de fou furieux qui ressemble à un engin de mort sorti tout droit de « Max Max » du style :

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Contrairement aux apparences, cet engin n’est pas interdit par la convention de Genève

Cela nous permet de nous moquer aimablement des parents qui ont choisi des montures plus cool mais moins pratiques dans la neige, la preuve par l’image :

Pas terrible en effet. Du coup, la marque suédoise Axso propose des skis additionnels élégamment dénommés « Teutonia » pour poussettes, fallait y penser ! c’est vrai que ça va tout de suite mieux :

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Ma femme m’a encore fait découvrir un truc typiquement suédois que j’imagine mal ailleurs.

Je m’explique, le congé parental suédois durant fréquemment un an ou plus, les jeunes parents suédois sont confrontés à une multitude de problèmes que leurs homologues français évitent grâce à la crèche ou à l’assistante maternelle.

Par exemple, que faire des longues journées d’hiver lorsqu’il fait déjà nuit à 15h et qu’il pleut/vente/neige ?

La réponse est toute trouvée, direction le cinéma-poussette (traduction assez libre de Barnvagnsbio) !

Le principe, une salle est dédiée dans certains cinémas à la projection de films à l’affiche à destination des parents (du genre Argo ou james bond..). On entre avec sa poussette dans une salle faiblement éclairée où le son est un peu moins fort que d’habitude et bien entendu, une pause-café/allaitement/biberon/changement de couche au milieu du film…

L’entrée coûte le même prix qu’un billet adulte, le plus drôle restant la mention « pour les films interdits aux moins de 15 ans, seuls les enfants de moins d’un an peuvent assister à la projection »…

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A la lecture du titre de ce post, j’en vois déjà certains tourner de l’œil et se dire que ma récente paternité m’a fait perdre quelques neurones.

Que nenni, il résume simplement nos récentes aventures administratives dont la rapidité n’a eu d’égale que la simplicité.

Notre petit Victor va faire son baptême de l’air en octobre à l’occasion de notre voyage dans le Sud de la France. Il a besoin à cet effet de sa propre pièce d’identité, passeport ou carte d’identité suédoise.

L’ambassade de France délivre bien sûr la version française de ces documents mais on m’y a fait comprendre que les délais d’acheminement via la valise diplomatique étaient plutôt longs et qu’en faisant la demande début août, rien ne garantissait que nous soyons en possession d’une CNI ou d’un passeport français avant le 2 octobre…

Bref, nous nous sommes vite rabattus sur un passeport suédois qui est ici délivré par la police.

On notera que le passeport suédois coûte le même prix que le français (350 couronnes soit 41,5 euros pour cinq ans contre 83 en France pour dix ans), la carte d’identité est en revanche payante et plus chère que le passeport, c’est pour cette raison qu’elle est quasiment inexistante. Cette logique suédoise m’échappe…

Le site de la police est remarquablement explicite et pour ceux qui auraient du mal à comprendre le processus, une accorte policière explique en détail les opérations dans un clip Youtube. Par exemple, qu’il faut bien penser qu’il peut être nécessaire d’attendre cinq jours ouvrés avant de recevoir son passeport…

La collègue suédoise de Marcel Patoulatchi « Pense que cela prend jusqu’à cinq jours pour recevoir ton passeport, sois prévoyant ». Arf !

De la même façon, il est fortement recommandé de réserver un créneau pour établir et retirer son passeport plutôt que de faire la queue. Et pour ceux ou celles qui préféraient tout de même poiroter, la police indique sur son site web en temps réel le temps d’attente aux différents guichets du pays…

Une fois sur place, inutile d’amener une foultitude d’attestations, originaux d’acte de naissance et j’en passe. Une simple pièce d’identité mentionnant le fameux personummer suffit au policier pour interroger le registre de la population, lequel contient toutes les informations nécessaires : lieu et date de naissance, adresse.

Nous nous sommes présentés à l’heure dite au bureau dans lequel nous avions pris rendez-vous. Un jeune flic, courtois et professionnel mais dont l’attitude clamait bien qu’il n’avait pas fait l’académie de police pour débiter à la chaîne des passeports aux nourrissons, s’est occupé de notre cas.

Aussitôt le formulaire tamponné et scanné ainsi que nos pièces d’identité (pas d’archives papier), nous sommes passés à l’étape photo. Au grand désespoir des magasins de photographies, les autorités suédoises ont en effet choisi depuis quelques années de privilégier la prise de vue sur place.

Edit : ce qui évite le déjà entendu dans une mairie française « la photo n’est pas conforme, on ne voit pas bien l’oreille droite. Revenez avec une photo correcte ». Ce qui implique alors de repasser par la case photographe (+10 euros) et de se taper à nouveau la file d’attente ou d’attendre de pouvoir reprendre un RDV dans les  mairies où cela se pratique.

En Suède, l’étape la plus complexe est d’arriver à prendre en photo un nourrisson de cinq semaines qui devra être assis à la bonne hauteur et les yeux bien ouverts face à l’appareil photo de la police. Alors que nous venions d’assoir le petit Victor sur un tabouret en lui tenant le cou, nous nous demandions bien comment faire pour qu’il regarde l’objectif.

Tout à nos réflexions, nous avons vu le policier ouvrir l’hygiaphone puis brandir, blasé et sans se lever de son siège, une espèce de manche à balai au bout duquel était fixé un singe en plastique brandissant de résonantes cymbales.

J’ai du réprimer un fou rire en voyant le flic agiter son hochet géant devant notre fils mais force est d’avouer que la méthode a plutôt bien fonctionné.

Après un RDV pris le lundi soir à 17h, nous avons reçu le mercredi matin à 9h un SMS avisant que le passeport était prêt à être retiré…Incroyablement rapide, d’autant plus que nous aurions pu choisir de le faire livrer dans n’importe quel poste de police du pays !

Pour la petite histoire, c’est SAGEM et THALES, deux géants français de la sécurité qui fournissent l’ensemble des systèmes d’édition des passeports, y compris le terminal de paiement par carte bleue.

Concernant ce dernier point, l’idée de devoir acheter un timbre fiscal dans un vulgaire débit de tabac semblerait totalement incongrue au Suédois moyen. D’ailleurs, le premier refusera certainement que vous payiez par CB comme ce buraliste de Courbevoie qui m’avait doctement déclaré « parce qu’avec les commissions qu’on paye à la banque, déjà qu’on s’emmerde à vendre ces timbres on va pas en plus perdre du fric ! »

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Je ne peux décemment pas passer sous silence ce qui s’est passé ce 22 juin, la célébration du jour le plus long de l’année (equinoxe d’été) qui porte le doux nom de Midsommar.

Midsommar, c’est après Noël la plus grande fête de l’année, sans cadeaux cette fois-ci. Pour les touristes qui ne connaissent personne, c’est juste le pire moment pour visiter la Suède car tout le monde a rejoint la campagne ou l’archipel et même IKEA est fermé, oui, vous avez bien lu ! Au pays où  les grands magasins sont tous ouverts chaque dimanche, c’est tout sauf symbolique.

Je ne m’étendrai pas sur les origines de Midsommar, tout est expliqué ici . Retenez juste que c’est une fête païenne très ancienne et qui date largement d’avant la naissance du Christ.

Tout commence au début de la semaine, les conversations de la pause café s’orientent vers la fête à venir. Chacun est prié de décliner où et avec qui il entend célébrer. Plusieurs écoles s’affrontent autour des deux questions principales : en famille ou avec des amis / dans l’archipel ou à la campagne (partout sauf en ville !). On remarque que les horaires de travail s’allongent imperceptiblement pour anticiper le départ du jeudi.

Le mercredi, les Suédois font le plein et dévalisent consciencieusement les magasins, surtout le Systembolaget qui détient l’exclusivité des ventes d’alcool pour toute boisson plus forte que 3,5%. J’y reviendrai dans un futur post.

Le jeudi, la tension monte, le déjeuner déjà rapide habituellement est expédié en deux temps trois mouvements. Dès 15h, les collègues défilent devant ma porte pour me saluer de l’inévitable « Glad Midsommar ».Je rejoins moi aussi le mouvement direction Långgarn. Dans notre quartier, les retardataires chargent le coffre des Volvo de victuailles, surtout liquides. Les routes sont presques désertes à Stockholm alors qu’il est à peine 17h, l’heure de pointe est déjà passée.

Arrivé au port, c’est l’effervescence avec des voitures et des bateaux dans tous les sens, chacun entassant les provisions direction les îles de l’archipel de Stockholm.

Le vendredi est férié en Suède, c’est Midsommarafton (par opposition au samedi qui s’appelle Midsommardagen).

Dès le vendredi matin, chacun s’affaire à préparer la fête qui va battre son plein l’après-midi. Le plus important est de décorer avec des feuilles et des fleurs fraîchement cueillies le mat de Midsommar qui sera dressé au centre d’une clairière.

Le repas du midi fait une large place aux harengs marinés sans lesquels une fête ne saurait être complète en Suède. Les mélanges les plus classiques (moutarde, crème aigre…) se complètent ces dernières années par des innovations plus contemporaines, vodka et citron vert par exemple.

On retrouve bien sûr les inévitables boulettes de viande maison, les pommes de terre nouvelles, le saumon sous toutes ses formes (fumé à froid et à chaud, mariné…) ainsi que de petites saucisses au faux air de boudin antillais appelés « Prinskorv ».

Pour arroser cette grande oeuvre gastronomique, la bière coule à flots ainsi que le « nubbe », surnom affectueux pour les eaux de vie suédoises aromatisées à l’aneth, au cumin ou au fenouil…

Personne dans ma belle famille n’aime vraiment cette dernière délicatesse mais tout le monde respecte la tradition qui veut qu’on chante un court refrain entre chaque gorgée.

Cette année, même Linda n’a pas pu y couper du fait de sa grossesse, une âme généreuse lui ayant offert des versions sans alcool malheureusement laissées au congélateur toute la nuit avec le résultat que vous pourrez découvrir ci-dessous…

Après les agapes, il est temps de rejoindre la fête et de danser autour du mat, adultes comme enfants, au son du violon qui joue « små grodorna », signal qu’il est temps de danser en minant une grenouille tout en croassant (et croyez moi, ce n’est pas si simple après un repas bien arrosé).

Une fois la danse terminée, on retombe dans une ambiance bon enfant de fête de village autour des stands où petits et grands testent leur adresse au tir à la carabine (pour gagner dans l’ordre, whisky, vin et bière…) ou à l’anéantissement d’une pyramide de boites de conserve vides.

Le soir, les survivants rejoignent les festivités nocturnes qui reprennent façon bal du 14 juillet.

Bien entendu, la pluie est souvent de la partie, à tel point qu’on parle ici de « temps de Midsommar » pour décrire un mélange de soleil et d’épisodes pluvieux, si possible pile au moment où dansent les petites grenouilles…

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En attendant de pouvoir habiter notre appartement, mes beaux-parents m’accueillent dans leur maison à Långgarn – prononcer « long-gorn » –  une des nombreuses îles de l’archipel de Stockholm (un peu plus de 22 000 tout de même dont beaucoup sont inhabitées).

Même pour des Suédois, ce mode de vie insulaire est assez inhabituel, surtout pour des personnes qui travaillent encore (jusqu’à 65 ans…). Après avoir acheté dans les années 90 une maison d’été sur cette île, ils ont décidé d’y habiter en permanence depuis 2006 en remplaçant ce qui était en réalité ni plus ni moins qu’une cabane par une véritable villa.

Mon beau-père a construit lui-même deux annexes à leur maison principale et j’occupe actuellement l’une d’elles, on peut en voir le toit sur le bandeau de ce blog.

Ce mode de vie assez original oblige à prendre le bateau chaque jour pour traverser les trois kilomètres de mer baltique qui nous séparent du continent. C’est sympa quand il fait beau, moins drôle quand il neige, pleut ou vente (parfois les trois en même temps) et carrément délicat par temps de brouillard ou lorsque la glace se forme.

A Langgårn, pas de voitures, on se déplace sur les chemins de terre en voiturette de golf électrique pour les plus écolos ou en quad pour les plus sportifs. Lorsque tombe la neige, il faut sortir la pelle ou mieux encore, le mini chasse-neige motorisé investi par mon beau-père et qui simplifie bien les choses quand il tombe 30 cm en une nuit.

Il y environ une centaine de maisons et cabanes d’été dont beaucoup n’ont pas d’électricité et ne sont occupées que quelques week end l’été. Il n’y a aucun commerce ni liaison régulière en bateau mais tout de même l’Internet à haut débit.

Seules quatre familles habitent ici toute l’année, on ne ferme pas à clef et tout le monde se donne un coup de main si besoin. L’hiver complique les choses quand la mer gèle et que le bateau ne passe plus mais que la glace n’est pas encore assez épaisse pour y rouler dessus en voiture – véridique !

Une alternative à l’aéroglisseur : l’hydrocoptère, peu commun en France il faut bien le dire !

C’est le moment de sortir l’aéroglisseur (oui oui…) qui permet d’être autonome en toute saison. Comme mes beaux-parents travaillent, ils font ce trajet chaque jour de la semaine.

L’aéroglisseur familial à la manoeuvre

Après cinq minutes de voiturette, il faut compter 20 minutes pour démarrer le bateau, naviguer puis l’amarrer et marcher sur la jetée jusqu’à la voiture qui après 15 minutes arrivera à la gare du RER local qui 42 minutes plus tard me déposera près du bureau que je rallierai après 10 minutes de marche.

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Pas beaucoup plus long que beaucoup de banlieusards parisiens mais quand même plus exotique…

A la manœuvre…6h15 du matin

Par ailleurs, les autorités locales sponsorisent un programme « Gardons l’Archipel vivant » qui vise à encourager les personnes qui le souhaitent à y vivre toute l’année par la possibilité de prendre en hiver trois fois par semaine un hélicoptère pour 16 euros par trajet (contre 600 euros au tarif non sponsorisé…) ! Il se pose ensuite à convenance sur le port en face de l’île, à côté du centre commercial ou en bordure de la vielle ville…incroyable mais vrai !

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