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Panneaux…

Au fil de mes déplacements en Suède, j’ai découvert des panneaux de signalisation pour le moins exotiques pour nous autres Français.

Florilège :

IMAG0477Vu au centre commercial de Bromma Blocks (Stockholm) : j’adore le mélange des genres entre le père copieusement compisé à la table à langer tout comme la gamine qui joue avec une voiture. Typique de la société suédoise qui veut éviter à tout prix les stéréotypes sexués.

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Prise cet hiver à deux pas du nouveau grand stade scandinave, Friends Arena (quel nom débile soit dit en passant). A mon humble avis, cela ne s’applique qu’après la fonte de la neige…Mon ami Benjamin B. tu serais malheureux dans ce quartier qui a peu de considération pour la population des golfeurs.

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On continue dans la série hivernale, à deux pas de l’aéroport de Bromma. Interdiction aux espèces canine et humaine de compiser (décidément un thème récurrent dans le quartier…) ne serait-ce que la neige sale.

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Photo prise à quelques centaines de mètres de notre immeuble d’un panneau détaillant les avertissements sonores préalables à un tir de mines dans un chantier voisin. Le sous-sol de Stockholm est un socle de granit nécessitant le recours à la dynamite pour creuser les fondations, une chance que ce soit le Suédois Alfred Nobel qui en soit l’inventeur (véridique).

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Contrairement à ce que ce panneau laisse entendre, les chutes de météorites ne sont pas si courantes que cela. A l’inverse de celles de stalactites de glace et paquets de neige se détachant des cornières lors du redoux…

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Certains lacs sont volontairement soumis à un courant artificiel pour maintenir l’accès à l’eau des oiseaux. il en résulte une glace très fine qu’il est malvenu de tenter de traverser à pied ou en ski de fond, d’où ce panneau de circonstances.

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J’ai gardé le meilleur pour la fin, vu à la gare souterraine de Malmö. L’interdiction des ballons aurait à voir avec les caténaires, vu la fiabilité relative des trains suédois. Pour le skateboard, je cherche toujours.

Joyeux Noël à tous les lecteurs de ce blog !

Par fainéantise, je ne vous décrirai pas cette année le contenu du « Julbord », le banquet de Noël qui fait plier la table et frémir les diététiciens sous le poids des sept variétés de saumon et autant de jambon.

Permettez-moi simplement de vous parler d’un épiphénomène assez insignifiant mais typiquement suédois et qui permet de se situer dans le calendrier de décembre, à savoir si la chèvre de Gävle a déjà pris feu ou pas.

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Je m’explique, ceux d’entre vous qui fréquentent IKEA ont certainement déjà vu au moment des fêtes une petite chèvre en paille – que je trouve personnellement bien moche.

Et bien, sachez qu’au grand bonheur des légionnaires, la petite chèvre d’IKEA a une grande sœur prénommée Gävlebocken qu’on peut trouver dans la ville de Gävle (prononcer « Yai vele ») à environ 180 km au nord de Stockholm.

La commune érige chaque année au début de décembre une chèvre géante en paille, théoriquement pour décorer la place centrale de la ville jusqu’au réveillon. Mais chaque année, elle finit sa courte existence le plus souvent en fumée, victime de pyromanes plus ou moins efficaces.

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Le plus drôle reste la tentative réussie en 2005 d’une attaque de deux mecs, l’un déguisé en père Noël et l’autre en bonhomme en pain d’épice, qui ont criblé la chèvre de flèches enflammées…

A noter une variante, en 1976 un étudiant défonça à l’aide de sa Volvo la jambe arrière de la chèvre qui s’écrasa au sol. Bof, c’est moins grandiose qu’un feu de joie.

La neige est revenue en force à Stockholm cette semaine, pile avant le premier week end de l’Avent.

Du coup, tout le monde a sorti les bottes d’hiver et les grosses vestes, on a même installé des manchons sur notre poussette comme vous pourrez le voir sur la photo ci-dessous, c’est top moumoute dans les deux sens du terme !

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Victor n’a nullement été incommodé par les -6°C de cet après-midi, il roupillait bien emmitouflé dans sa chancelière.

Je regrette un peu de ne pas avoir encore acheté de pneus à clous pour mon vélo mais en revanche, nous nous félicitons d’avoir acheté une poussette suédoise, étudiée pour rouler sur des épaisseurs raisonnables de neige.

Attention, je parle de modèle « normal », pas d’un truc de fou furieux qui ressemble à un engin de mort sorti tout droit de « Max Max » du style :

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Contrairement aux apparences, cet engin n’est pas interdit par la convention de Genève

Cela nous permet de nous moquer aimablement des parents qui ont choisi des montures plus cool mais moins pratiques dans la neige, la preuve par l’image :

Pas terrible en effet. Du coup, la marque suédoise Axso propose des skis additionnels élégamment dénommés « Teutonia » pour poussettes, fallait y penser ! c’est vrai que ça va tout de suite mieux :

Ma femme m’a encore fait découvrir un truc typiquement suédois que j’imagine mal ailleurs.

Je m’explique, le congé parental suédois durant fréquemment un an ou plus, les jeunes parents suédois sont confrontés à une multitude de problèmes que leurs homologues français évitent grâce à la crèche ou à l’assistante maternelle.

Par exemple, que faire des longues journées d’hiver lorsqu’il fait déjà nuit à 15h et qu’il pleut/vente/neige ?

La réponse est toute trouvée, direction le cinéma-poussette (traduction assez libre de Barnvagnsbio) !

Le principe, une salle est dédiée dans certains cinémas à la projection de films à l’affiche à destination des parents (du genre Argo ou james bond..). On entre avec sa poussette dans une salle faiblement éclairée où le son est un peu moins fort que d’habitude et bien entendu, une pause-café/allaitement/biberon/changement de couche au milieu du film…

L’entrée coûte le même prix qu’un billet adulte, le plus drôle restant la mention « pour les films interdits aux moins de 15 ans, seuls les enfants de moins d’un an peuvent assister à la projection »…

Norwegian wood

Le Norvégien, c’est le cousin sympa du Suédois, en plus riche et plus sportif, nageant ou pagayant dans ses fjords mondialement connus.

J’aime bien les Norvégiens. Tout d’abord parce que les Suédois sont jaloux de leur pétrole, de leurs montagnes et de leur première place dans tous les classements ayant trait à l’égalité homme-femme ou à la démocratie.

Ensuite, le Norvégien est toujours de bonne humeur, peut-être parce qu’il passe son temps à faire du sport, ski de fond, course à pied, escalade, you name it.

La langue norvégienne est un peu au suédois ce que l’alsacien est à l’allemand. La règle de courtoisie linguistique nordique est que chacun parle sa propre langue et évite certains faux-amis. Sinon, pour un Français vaguement suédophone, le norvégien est de loin plus facile à comprendre que le danois dont on dirait qu’il nécessite au préalable l’introduction de cailloux dans la bouche pour arriver à la bonne intonation !

Longtemps pris pour un peuple tout juste bon à s’user les mains à remonter des filets de poissons (cf. la pub Neutrogena) et à distiller de la gnôle artisanale, La Norvège a connu son indépendance en 1905 seulement, à la faveur d’un référendum pour lequel on a compté 368 208 oui (à l’indépendance) et…184 non.

La Norvège aux Kerguelen – Port Jeanne d’Arc

Les Suédois moquaient alors leurs voisins de l’Ouest, des pêcheurs ou paysans souvent forcés à l’émigration pour vivre. On en trouvera même pour construire et exploiter une usine d’huile de baleines et de phoques dans les iles Kerguelen – peut-être le seul coin de France à avoir un climat proche de celui de la Norvège – sous le pavillon de la compagnie Storm and Bull qui existe toujours à l’heure actuelle !

Les Norvégiens montreront leur courage durant la seconde guerre mondiale. La plupart des historiens s’accordent sur le fait que la résistance norvégienne, en sabotant les installations de production d’eau lourde de Vemork en 1943 , a définitivement empêché tout développement d’une arme atomique nazie par Hitler. Pendant ce temps, les Suédois étaient « neutres »…

Tout change au début des années 60 lorsque commence l’exploitation du pétrole et du gaz naturel. L’économie décolle sous l’effet de cette manne qui représente aujourd’hui 45% des exportations et 20% du PIB de la Norvège qui est créditeur net, ce qui signifie que le pays n’a pas de dette du tout. En clair, un triple AAA gravé dans le platine.

Oubliez un temps les magnifiques fjords de Norvège…

Je trouve formidable la clairvoyance des gouvernements norvégiens qui ont voulu éviter une surchauffe de l’économie (c’est-à-dire l’inflation) et le fameux «  syndrome hollandais », phénomène économique bien connu qui associe exploitation de ressources naturelles et déclin des autres pans de l’économie non reliés à cette ressource. Par ailleurs, les Norvégiens considère que le pétrole et le gaz sont des ressources finies qui doivent profiter aux générations futures, même après que la dernière goutte de pétrole fut pompée.

Ainsi, les revenus du gaz et du pétrole  générés par la compagnie pétrolière étatique Statoil (littéralement « le pétrole de l’état » si une quelconque ambigüité devait subsister) sont-ils placés dans un fond souverain géré par une agence issue du Bercy norvégien. Le fond est le plus grand d’Europe. Au 1er octobre, il s’élevait au chiffre astronomique de 514 milliards d’euros. Rapporté à la taille de la population française, cela ferait 6 168 milliards d’euros de trésor de guerre, sans dette…

La totalité de ce fond est investie à l’étranger dans des activités décorélées du pétrole. Les entreprises dans lesquelles le fond investit sont choisies par un comité composé d’experts financiers mais aussi de spécialistes de l’éthique et même de philosophes !  Gare à celles qui ont des activités ou un comportement incomptable avec les hautes exigences en matière d’éthique, mes anciens clients l’ont appris à leurs dépens. SAFRAN a été retiré en raison de son activité ayant trait à la fabrication d’équipements destinés aux armes nucléaires, EADS a subi le même sort pour exactement les mêmes raisons à cause d’Astrium et MBDA qui fabriquent les missiles de la force de frappe française. Même THALES a été un temps déclaré indésirable avant de cesser toute activité liée aux armes à sous-munitions, lui permettant de réintégrer le fond souverain.

Le pétrole de l’état, littéralement.

Les Norvégiens ont la classe, une prise fois la décision de retirer leurs billes, ils ne communiquent pas et désinvestissent par petits bouts pour ne pas impacter le cours de la société visée. Chapeau ! Et pour finir de dégoûter leurs voisins suédois, 98% de leur production d’électricité est hydroélectrique, donc renouvelable. Comme si le gaz naturel et le pétrole ne suffisaient pas, ils l’exportent également très volontiers, notamment vers le Danemark pour y compenser les coups de mou du parc éolien.

Le couple royal Haakon et Mette-Marit – le ridicule ne tue pas

Bon, avec tout ça, j’en vois déjà faire leurs valises pour Oslo et se connecter sur Norwegian.com (le troisième compagnie low-cost européenne après Ryanair et Easyjet) pour acheter leur aller simple. Alors qu’est-ce qui cloche et qui fait que la population n’arrive péniblement qu’ à flirter avec 5 millions d’habitants soit 14 habitants au km2 ?

L’heure de pointe norvégienne

Dans les petites villes de la façade ouest,  j’imagine qu’il est facile de mourir d’ennui pendant l’interminable hiver et les mois sans soleil…et ce n’est pas avec les merveilles de la gastronomie norvégienne qu’on peut compenser !


La Norvège semble en effet avoir découvert le poivre durant les années 90 mais se flatte d’être en Europe le plus grand consommateur de pizza par habitant, le signe sûr que quelque chose de grave se trame en cuisine. Quant au plat national, le « fålikål », littéralement  « l’agneau dans le chou », on ne peut imaginer recette plus simple : une marmite, de l’eau du chou et des morceaux de viande, faites bouillir trois heures et roule ! Le brunøst, fromage national a encore plus l’air d’être en plastique que le cheddar, un comble !

Pas sûr que le fålikål perce un jour en Europe continentale dans sa forme actuelle

Malgré les mesures anti-inflationnistes, un demi de bière coûte 10 euros et un repas au McDo dans les 15 euros…je ne préfère même pas vous parler du prix des hôtels ou d’une course en taxi.

Malgré les apparences, cela se mange, c’est même le fromage national norvégien

J’oubliais presque que les taxes et impôts sont encore plus élevées qu’en Suède, notamment sur les véhicules particuliers. C’est décidément une tradition nordique que de croire que les propriétaires de voitures sont tous de purs masochistes. Ces derniers sont frappés d’une taxe hallucinante de 180% de la valeur HT du véhicule, plus la TVA à 25% bien sûr. En clair, la même voiture vendue 20 000 euros en France coûte 49 000 euros en Norvège et je vous fais grâce des taxes annuelles, taxes de pneus cloutés, péages en tout genre à chaque pont ou tunnel…Mon collègue canadien basé près d’Oslo a toujours du mal à comprendre qu’un pays producteur de pétrole puisse être aussi sévère vis-à-vis de ses conducteurs.

Refusant obstinément à près de 80% de rejoindre l’union européenne, le peuple norvégien n’hésite pas à dévaliser en masse les magasins d’alimentation, d’alcool et de tabac situés en Suède de l’autre côté de la frontière. La différence de prix est proche de 25% et le volume des achats est tel que l’effet sur l’économie suédoise se chiffre à plusieurs milliards de couronnes par an.

C’est clair

Volontiers protectionniste s’agissant de la pêche et de l’agriculture, le pays a subi l’hiver dernier une pénurie de beurre au moment de noël…Hallucinant dans un des plus riches pays du monde. La société Tine qui a le quasi-monopole de la production et vente de produits laitiers a lamentablement échoué à répondre à la demande de son marché. Le Danemark et la Suède, habituellement écartés de ce marché par des taxes à l’import dissuasives, se sont amusés de voir ces Norvégiens riches comme Crésus devoir importer en catastrophe du beurre et ont en tout logique trainé des pieds pour leur en vendre…

Ah, et question musique, j’ai du mal à me souvenir d’un autre artiste norvégien qu’A-Ha et ses tubes des années 80 « Take on Me » ou « The Sun always shine on TV »…Faites-moi signe si j’oublie quelqu’un !

Allez, pour éviter une plainte du comité de promotion du tourisme norvégien, je termine sur une pub bien sympathique pour une des petites compagnies aériennes norvégiennes, c’est mignon comme tout…

Un clou chasse l’autre

Ça y est, la première neige est arrivée à Stockholm…et elle tient. Il faisait -17° hier dans le Norra Norrland, littéralement le nord du Nord (que les Dunkerquois se taisent) !

On va voir fleurir partout près des garages des panneaux proposant le changement des pneus de voiture à tarif défiant toute concurrence. En effet, le code de la route suédois impose les pneus hiver ou cloutés à partir du 1er décembre.

La plupart des Suédois stockent leur pneus d’hiver sur des jantes en tôle dans le garage ou dans un « hôtel à pneus » (Däckhotell). Il faudra d’ailleurs un jour que quelqu’un m’explique comment on trouve un semblant de rentabilité dans ce business…

Les pneus cloutés font l’objet d’une polémique récente en raison des particules qu’ils génèrent liées à l’abrasion de la route et certaines routes sont désormais interdites aux véhicules qui en sont équipés.

Effectivement, on ne peut nier le côté « Mad Max » qui sied parfaitement à une Volvo V70 des familles croisant tranquillement à 30 km/h au coeur de la capitale…

Mais la polémique épargne les vélos car oui, on trouve ici des pneus cloutés  !!!

La pratique de la petite reine ne saurait ici souffrir de l’hiver, pas même suédois.

Les Scandinaves ont bien du courage… je me tâte encore pour savoir si je vais également équiper la monture qui me sert à aller au bureau chaque jour.

Pas besoin de cadenas en hiver…

Comment j’ai souvent été questionné sur mon apprentissage du suédois, j’en profite pour enfin publier ce post dont le brouillon traine depuis longtemps. Il sera peut-être un peu rébarbatif pour ceux qui n’ont pas l’ambition d’apprendre à prononcer correctement « sjuksköterskeutbildning » ou « sjukvårdsupplysningen », que ces derniers se rassurent, le prochain post sera plus drôle.

Je ne parle ici que de ma propre expérience d’apprentissage du suédois en France. Pour celles et ceux qui veulent apprendre le suédois et sont déjà en Suède, je vous invite à lire ce billet d’une autre Française qui vit elle aussi à Stockholm.

Une combinaison qui a fait suer plus d’un prétendant à la langue de Gustav XVI…

Avant tout, que ceux qui viennent simplement visiter la Suède se rassurent, l’anglais est parlé dans tout le pays, même si la plupart des ainés se limitent à une discussion basique. Le niveau d’anglais des Suédois est très bon et ils sont plus faciles à comprendre que les Anglais ou les Américains car ce n’est pas leur langue maternelle et ils la parlent plus distinctement.

Ce fut ainsi que j’échangeais avec la famille de Linda et ses amis avant de débuter les cours de suédois. Si on peut ainsi dialoguer aisément – certains vivent plus de vingt ans en Suède sans apprendre la langue ! – il manque quand même pas mal de nuances, la conversation étant en quelque sorte aseptisée. Aussi, pour ceux qui ambitionnent de vivre dans le pays, il est plus que conseillé de se mettre au suédois.

La grammaire du suédois – langue germanique –  est bien plus simple que le français, les verbes ne se conjuguent pas et il y a très peu d’exceptions. En revanche, parce que c’est une langue très peu diffusée dans l’hexagone, ses sonorités sont surprenantes, d’ailleurs il est difficile au début pour une oreille française d’associer ce qu’on entend et ce qu’on peut lire.

Si vous voulez un exemple,  vous pouvez voir ce film sous-titré en suédois pour comprendre ce que je veux dire : http://youtu.be/LTH-WX4Sc4I

L’alphabet comporte trois lettres supplémentaires par rapport au français, « å » (prononcer comme « hoo !), « ö » (prononcer « heu ») et ä (prononcer « ai »). On les trouve à la fin de l’alphabet français après le z. Précisons enfin que le « ø » du danois et du norvégien n’existe pas en suédois.

Après un an de vie commune en France, j’ai demandé à Linda de m’apprendre le suédois, ce fut une catastrophe car elle basait tout sur l’oral et la répétition alors que j’ai grandi avec habitude de l’écrit (Bled, Bescherelle….).

Ce n’est qu’en 2007 que j’ai vraiment acquis les bases du suédois en 40h de cours particuliers, financés intégralement par le DIF (droit à la formation) de mon entreprise.

C’est non sans mal que j’avais convaincu les RH de valider ces cours, ils doivent cependant se féliciter de l’investissement aujourd’hui…

Mieux que chez Berlitz, le département formation a trouvé un cours au sein de l’université de Lyon 2, représentée par Kerstin, une prof extraordinaire. Nous nous rencontrions pour des séances de trois heures, initialement programmées le vendredi après-midi. Après le premier cours, j’ai sagement changé pour le lundi matin car je suis ressorti crevé de mon premier cours.

Croyez-moi, un cours de langue en face à face passé 25 ans, c’est fatiguant. En plus des cours et de mon job à temps plein, je préparais en même temps l’examen théorique de ma licence de pilote, autant dire que les soirées et les matins étaient studieux.

Tout ça vous rappelle de bons souvenirs, n’est-ce pas ?

Après ces quarante heures, j’ai continué à faire des exercices de grammaire, à essayer de lire la presse sur Internet et surtout, à écouter la radio via Internet et des podcasts de la radio suédoise : http://sverigesradio.se/p3/# .

Linda a toujours écouté en France l’émission du matin (Morgonpasset) sur le canal P3 et cela m’a bien aidé pour la prononciation, même si ce sont d’abord les cinq minutes du programme pour les enfants que j’ai commencé à assimiler…En bonus, c’est sans aucune publicité car chaine publique !

Les documentaires de P3 – d’une qualité reconnue – se téléchargent en podcast et sont excellents pour améliorer son suédois mais surtout pour comprendre la société suédoise et son histoire récente. Ils couvrent en une heure des évènements importants de l’histoire suédoise, aussi variés que la catastrophe de l’Estonia en 1994 ou l’attaque de la Kreditbanken en 1973 (où est né le concept du syndrome de Stockholm).

Kerstin trouvait que l’écoute de la radio avant de commencer les cours m’a permis de progresser plus vite car mon oreille s’était déjà faite aux sonorités du suédois. On peut aussi regarder la télévision sur internet avec SVT Play mais je n’ai jamais été trop télé et cela fait moins bosser les neurones. Nous avions investi à Lyon une Liveradio qui se connecte par wifi mais on peut aussi écouter P3 sur son PC.

Je ne parlais pas le suédois avec Linda à la maison en France (en Suède non plus d’ailleurs) mais nous regardions de temps en temps un film ou une série suédoise en DVD avec les sous-titres en suédois pour m’habituer à comprendre ce que disent les acteurs.

A Paris, j’allais une fois par semaine pendant 1h30 à l’Institut suédois pour des cours collectifs mais mon assiduité été limitée par mes fréquents déplacements professionnels et je n’avais pas le sentiment d’avancer aussi vite qu’avec Kerstin. Je recommande toutefois aux Parisiens car c’est un très bon rapport qualité-prix mais il faut s’y prendre à l’avance, les cours débutants sont pris d’assaut avant chacune des deux sessions annuelles !

J’ai eu différentes méthodes de suédois et manuels, je laisse aux spécialistes le soin de trancher laquelle est la meilleure. Il existe aussi des logiciels mais je ne peux en recommander, n’en ayant pas utilisé.

Je suggère en revanche fortement un ouvrage compatible avec toutes les méthodologies, l’imagier français/suédois avec 40 000 entrées, des planches et des éclatés d’à peu près tout (du TGV au placard de la cuisine…)

Pour résumer, voici mes trois conseils aux aspirants suédophones.

  • Ecouter dès que possible la radio suédoise
  • Privilégier les cours particuliers pour une progression rapide
  • Une fois les bases acquises, s’astreindre à lire un article par jour et à traduire les mots que l’on ne comprend pas

Lycka till (bonne chance) !